Environnement: l’impact négatif de la surexploitaton des ressources aquatiques en Mongolie

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Environnement: l’impact négatif de la surexploitaton des ressources aquatiques en Mongolie

L’industrie halieutique mongole est menacée par un accroissement des pratiques de pêche illégales et non contrôlées. De plus, les phénomènes de dégradation de l’habitat aquatique, de pollution par l’industrie minière, et de pertes de sources d’eau naturelles rendent incertain l’avenir de cette industrie.

La « Liste Rouge des Poissons » mongole, qui répertorie toutes les espèces de poissons vivant en Mongolie, avertit qu’environ un quart des espèces sont considérées comme menacées par un risque d’extinction. Environ 6% sont considérées comme « proche de l’extinction » si aucune mesure n’est prise. L’esturgeon de Sibérie, le gardon de Gobi, l’ombre de l’Amour et le Taimen sont seulement un échantillon des espèces en danger (le Taimen est le plus gros poisson de la famille des salmonoïdes; il peut mesurer jusqu’à 2m de long et peser jusqu’à 50 kg. Il est très rare à l’état sauvage).
La crise est la plus critique dans les eaux du nord et de l’est du pays, comme c’est le cas pour les rivières Amour et Onon, lieu d’habitat de ces espèces, ainsi qu’à la confluence des rivières Eg et Uur, au nord, qui abritent la majorité de la population de Taimen adultes.
De surcroit, les ressources halieutiques de la rivière Amour ont dramatiquement diminué au cours du siècle dernier (selon des sources russes datant de 1910, les prises totales en saumon étaient supérieures à 100 000 tonnes. Ce chiffre a été amputé de plus de 10 fois, attestant de la condition critique de la pêcherie en Amour, un siècle après).
Les marchés extérieurs chinois et russe sont de plus en plus demandeurs de poissons à caviar (saumon et esturgeon), tout comme les marchés mongols. Traditionnellement, le poisson ne fait pas partie des aliments de la diète mongole, supplanté par la viande des troupeaux. Cependant, la demande augmente constamment, non seulement par le biais de la présence de touristes ou de résidents étrangers, mais aussi à cause de la diversification grandissante de la diète mongole en elle-même.
La pêche illégale et non réglementée se développe pour s’adapter à cette demande, menaçant l’industrie. Globalement, cette  surexploitation des ressources aquatiques a été identifiée comme la principale  menace pesant sur le écosystèmes aquatiques. La Loi mongole sur la Chasse de 1995, a eu un impact positif sur la conservation des espèces de poissons. Cependant, la prévention de la pêche illégale et du braconnage est difficile: puisque ces lois ne sont pas suffisamment financées, leur mise en application reste inefficace.
Des organisations telles que « le Fond de conservation du Taimen » sont impliquées dans la préservation de ce poisson, à travers des actions d’aménagement de leur habitat, de développement de la communauté, et de projets de recherche.
Le gouvernement Mongol, la Banque Mondiale, et le Fonds pour l’environnement mondial (FEM) soutiennent également ces projets sur le long terme, dans l’espoir d’assurer un futur à cette espèce.
La dégradation de l’habitat représente aussi une grave menace. Une part grandissante des territoires mongols est utilisée par le secteur minier privé. Selon la « Liste Rouge », les procédés d’extraction utilisés dans l’exploitation minière augmente la charge sédimentaire des rivières, ce qui bouleverse la chaine alimentaire, compromet les comportements reproductifs, et cause la destruction de l’habitat. L’exploitation minière utilise aussi du mercure et du cyanure pour extraire l’or, menaçant les rivières par cette pollution organique. Cela entrainera un problème majeur de réduction des cours d’eau douce, qui aura de profonds effets sur les écosystèmes, et causera de graves conséquences sur les espèces aquatiques mongoles, particulièrement sur celles vivant dans les petits lacs du désert de Gobi.

Selon le groupe de recherche « Etudes sur la pêche et les poissons de Mongolie », un meilleur contrôle et une meilleure gestion des ressources naturelles est essentiel pour la protection de l’industrie de la pêche. Afin de maintenir la capacité du pays à exercer cette activité, un certain nombre de mesures doivent être prises, et de problèmes mis au jour. Par exemple, « protéger les zones de reproduction; améliorer les liens de collaboration entre pêcheurs et scientifiques; permettre l’équilibre naturel du développement des rivières ».

Tout ceci demande à trouver un consensus autour de la manière dont les ressources naturelles sont exploitées. Les impacts écologiques nocifs de cette sur consommation sont nombreux, et des avancées doivent être réalisées pour assurer un futur à cette biodiversité mongole si riche.

Vous pouvez suivre en cliquant sur ce lien, les actions menées par l’association « L’eau-tarit », qui agit dans les domaines de l’eau et de l’environnement en Mongolie:

http://www.leautarit.com/

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