Goviin Khulan

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Goviin Khulan

 

Interview d’Anne-Camille Souris, co-fondatrice, présidente et responsable des recherches et projets de l’association Goviin Khulan.

 

 

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Qu’est-ce que Goviin Khulan ?

J’ai remarqué qu’il n’existait que peu de recherches sur l’hémione et il n’y avait aucun projet établi pour sa protection. J’ai donc créé l’association Goviin Khulan en 2007 afin de protéger l’hémione et son habitat, en partenariat avec les rangers et les communautés locales.

 

Comment et quand l’aventure a-t-elle commencé ?

L’aventure a commencé en 2003, lors de travaux sur le cheval de Przewalski. J’ai alors découvert l’existence de l’hémione un peu par hasard : ce sont les rangers qui ont d’abord attiré mon attention sur cette espèce. Le manque d’études sur cet animal et le fait qu’il soit moins connu que d’autres espèces en Mongolie a éveillé mon intérêt et mon envie de me battre pour sa protection. Suite à cela, j’ai entamé des recherches en 2004.

 

Quels sont les différents noms de l’hémione ?

On peut également l’appeler « khulan » ou encore « âne sauvage ». Le mot hémione vient du grec, signifiant mi-âne, mi-cheval (Equus hemionus hemionus).

 

Peux-tu nous en dire plus sur l’hémione ?

L’hémione fait parti de la famille des équidés (cheval, zèbre, âne,…). C’est une espèce sauvage, qui n’a jamais été domestiquée par l’homme. L’hémione n’est pas l’ancêtre de l’âne domestique : c’est l’âne sauvage d’Afrique.
On compte 5 sous-espèces de l’hémione sauvage d’Asie :
-1 en Inde,
-1 en Iran,
-1 au Turkhménistan,
-1 en Syrie, qui a malheureusement disparu,
-1 en Mongolie et en Mongolie intérieure.
L’hémione de Mongolie représente 80% de la population d’hémiones d’Asie.
L’hémione se situe entre l’âne et le cheval, et est de couleur sable afin de mieux se fondre dans son environnement, dans le décor du Gobi. Il mesure environ 1m50, a une allure élancée, et des oreilles de taille intermédiaire.
Cet animal est craintif, a peur de la présence humaine et même animale. Il se nourrit de plantes, comme l’oignon sauvage, le zygofilum (sorte de plante grasse avec des feuilles gorgées d’eau, appelé plante du khulan), etc. L’hémione boit beaucoup moins qu’un cheval normal et peut même rester plusieurs jours sans boire.

 

Quel est le rôle de l’hémione au sein de l’écosystème ?

Cet animal est le sourcier du Gobi. En effet, l’hémione a la faculté de localiser la présence d’eau souterraine, au niveau des points d’eau et rivières asséchées. Il creuse des trous avec son antérieur pour faire remonter l’eau à la surface. Cela bénéficie aux autres espèces, à la fois sauvages et domestiques, et même parfois aux humains. L’hémione a son utilité dans l’écosystème du Gobi.

 

Capture symbole GK

 

 

Combien reste-t-il d’hémiones ?

Entre 10 000 et 15 000 en Mongolie. Il y a des petites populations de la même sous-espèce en Mongolie intérieure et dans la province du Xinjiang mais les effectifs ne sont pas connus. Il faut savoir que la population a diminué de 50% en 20 ans, pour diverses raisons :
-braconnage (pour la viande, la peau et l’usage dans la médecine traditionnelle),
-diminution de l’habitat,
-compétition avec le bétail pour l’accès aux ressources naturelles,
-mauvaise compréhension de l’animal par les éleveurs, qui le considèrent injustement comme un nuisible.

 

As-tu un message à faire passer ? 

L’association a besoin de soutien financier et humain, donc n’hésitez pas à faire un tour sur le site www.goviinkhulan.com ! Cela nous aide à continuer à développer le projet et les succès qu’on a réussi à atteindre, notamment la sensibilisation et l’implication des locaux dans le projet. Voici un aperçu de nos actions :
-recherches sur :  l’écologie comportementale de l’animal (comportement lié à son environnement), la relation des hémiones avec les autres espèces animales et les humains, les menaces à la survie de l’animal
-apport de soutien technique, professionnel et implication des rangers, qui travaillent à la fois en zone protégée et non protégée
-implication de communautés locales dans le projet (familles en tant que scientifiques citoyens)
-éducation à la protection de l’hémione et de son habitat, notamment dans les écoles du Gobi
-sensibilisation locale et internationale à la protection de l’hémione
-travail avec les moines bouddhistes afin de les rendre médiateurs auprès des communautés locales et de renforcer les liens entre bouddhisme, mongols et protection de la nature
-travail avec des artistes mongols (peintres, musiciens)
-en prévision : développement communautaire (diversifier les sources de revenu des communautés de manière à diminuer la demande en braconnage et mieux sensibiliser les locaux à la protection de l’environnement)

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