La Mongolie et les jeux olympiques : des medailles venues du desert de Gobi

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La Mongolie et les jeux olympiques : des medailles venues du desert de Gobi

Source : lorientlejour.com
Depuis les dunes et les chemins poussiéreux du désert de Gobi, la Mongolie a déjà pris part aux Jeux olympiques de Londres en fournissant les métaux qui servent à la fabrication des médailles décernées aux athlètes.
Transformés en médailles, l’or et le cuivre mongols sont actuellement stockés à la Tour de Londres.

Si pour chacun des 4 700 athlètes qui monteront sur un podium, les médailles sont avant tout une source de gloire individuelle, elles sont un symbole de fierté nationale pour les responsables du sport en Mongolie.
« C’est un grand honneur pour le peuple mongol, un exemple de notre implication dans les Jeux et dans le mouvement olympique », a déclaré à l’AFP le président du Comité national olympique de Mongolie, Demchigjav Zagdsuren.
« Les Mongols sont heureux de pouvoir fournir les métaux pour les médailles olympiques. De cette manière, tout le monde est conscient de contribuer » aux Jeux, a assuré Zagdsuren.
Le succès de la Mongolie aux Jeux de Pékin, avec pour la première fois deux médailles d’or, a contribué à renforcer l’enthousiasme du pays pour le mouvement olympique.
Imprégnés des traditions de leur héros conquérant Gengis Khan, les Mongols s’adonnent depuis des siècles au tir à l’arc, aux courses de chevaux et à la lutte, les trois disciplines de la fête nationale du Naadam tous les ans en juillet.
Destinés au départ à tester les capacités militaires des cavaliers mongols, les sports traditionnels fournissent aujourd’hui encore leur contingent de champions pour les disciplines modernes. En 2008, la Mongolie a ainsi remporté ses deux premières médailles d’or en judo et en boxe.
Le nomadisme – mode de vie à l’origine du Naadam – est toutefois sur le déclin, le boom des activités minières transformant rapidement le pays.
Les investissements étrangers, principalement le fait de géants du secteur minier comme Rio Tinto, ont quadruplé l’an dernier pour atteindre 5 milliards de dollars, tandis que le produit intérieur brut (PIB) a bondi de 17,3 %, selon le gouvernement. Mais la majorité des 2,8 millions de Mongols restent pauvres et se plaignent de ne pas profiter de la manne minière.
Certains habitants s’inquiètent aussi des dégradations de l’environnement liées à l’exploitation frénétique du sous-sol, comme à la mine d’or et de cuivre d’Oyu Tolgoi, à deux heures de route de la frontière chinoise dans la province d’Omnigovi (Sud).
Contrôlée par le groupe australien Rio Tinto et encore en construction, elle a déjà fourni à elle seule en 2011 plus de 30 % du PIB de la Mongolie, dont de l’or et du cuivre pour les médailles londoniennes.
Sponsor des JO, Rio Tinto a extrait huit tonnes d’or, d’argent et de cuivre d’Oyu Tolgoi ainsi que d’une mine de cuivre à Salt Lake City (États-Unis) pour fabriquer les médailles, de 410 grammes, les plus lourdes jamais fabriquées pour les JO d’été. « Nous espérons remporter plus de médailles dans les quatre sports olympiques dans lesquels la Mongolie excelle, à savoir le judo, le tir, la lutte et la boxe. Et nous voulons défendre nos deux médailles d’or à Londres », a déclaré M. Zagdsuren.
Pour l’avenir plus lointain, un document exposé dans le minuscule musée olympique d’Oulan-Bator a gravé dans le marbre les ambitions sportives du pays.
Selon ce mémorandum signé par le président du CIO Jacques Rogge et le président mongol Tsakhia Elbegdorj, la Mongolie envisage d’organiser ses premiers Jeux d’Asie de l’Est en 2017, les premiers Jeux d’Asie en 2018 et, en 2040, ses premiers Jeux olympiques.

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