Les stèles à cervidés

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Les stèles à cervidés

Au cours de votre voyage en Mongolie vous observerez très certainement ces stèles à cervidés qui ponctuent la steppe de la plus belle façon. Mais d’où viennent-elles et quelle est leur signification ?

la transition entre les périodes de l’Age du bronze et de l’Age du fer (début de la période Xiongnu en Mongolie), les tribus de Haute-Asie ont laissé de magnifiques stèles gravées, connues sous le terme de « stèles à cervidés ». Elles ont été répertoriées de la Mongolie orientale à l’Altaï, du nord du Gobi à la Transbaïkalie. Plus de 900 stèles à cervidés ont été découvertes dans le monde dont environs 90% sont en Mongolie. Selon les spécialistes qui tentent de déchiffrer ces monuments, ils ont été érigés entre 1100 et 800 av. J.-C., environ deux millénaires avant que les guerriers de Gengis Khan ne dominent ces steppes. Ce sont, semble-t-il, des hommages à des chefs et/ou à des guerriers. Ces représentations stylisées de cerfs ou de rennes devaient montrer le chemin vers l’au-delà. Quelle que soit leur signification, elle était forte, car, pour chaque stèle, plusieurs chevaux ont été sacrifiés. Leurs têtes et membres avant ont été enterrés en cercle autour des monolithes, le museau pointé vers le soleil levant.

Les pierres à cerf sont construites principalement en granit, suivant ce qui est le plus abondant dans la région. Leur hauteur varie, la plupart dépassent 1,5 m de haut, mais certaines atteignent 4,5 m. Le sommet des pierres peut être plat, arrondi ou brisé. Les dessins gravés à la surface des pierres représentent des cerfs volant vers le Ciel, la lune et le soleil, des images d’autres animaux tels que des chevaux, sangliers, mais aussi des objets comme des boucliers, ceintures et autres outils.

Selon le chercheur russe Vitaly Vassilievitch Volkov, dans ses recherches s’étalant sur trente ans, les pierres à cerf se classent en trois types distincts :

  • Le style Mongol classique : ces pierres sont bien détaillées et les méthodes de dessin sont élégantes. Elles décrivent généralement un guerrier possédant un rennestylisé sur son torse. Ce type de pierre est proéminent dans le sud de la Sibérie et le nord de la Mongolie. Cette concentration suggère que ces pierres sont à l’origine de la tradition des pierres à cerf, et que les types ultérieurs se sont à la fois simplifiés et élaborés.
  • Le style Ouest-eurasien : ces pierres possèdent une zone centrale qui est partagée en deux « ceintures » et des lignes horizontales. Elles possèdent également des sortes de « boucles d’oreilles », de grands cercles et des entailles en diagonale par groupes de deux ou trois nommées « visages », et des « colliers ».
  • Le style Saïan-Altaï: ces stèles reprennent les motifs des pierres ouest-eurasiennes, dont des animaux aux pattes droites semblant flotter dans l’air, des dagues et d’autres outils. La présence de cerfs est nettement diminuée, et l’accent n’est plus mis sur la relation entre l’animal et son envol.

 

    • classic_mongolian  west_asian-european  sain-altai

 (1. Mongol classique)                            (2.  Ouest-eurasien)                            (3. Saïan-Altaï)

 

L’image du cervidé n’avait sans doute pas exactement la même signification d’un bout à l’autre de la steppe, mais elle était liée à la dévotion envers les esprits de la nature. Aussi les gravures de cerfs sur des stèles sont-elles à rapprocher de certaines pratiques rituelles car elles sont associées à deux lieux de culte constitués d’enclos rectangulaires, de tumulus et de cercles de pierres sèches. Les archéologues ont trouvé des tombeaux ornés de gravures des cerfs. Donc, il est probable que le cerf transporte le mort au Ciel tout en protégeant des dangers.

Le cerf est aussi un animal lié à la croyance chamanisme. Cet animal fait le lien entre les esprits reliant le ciel et la terre.

Selon tous ces documents et selon la croyance ancienne, le cerf est l’animal qui amène l’âme du mort de notre univers jusqu’au ciel. Il relie le chamane avec le Ciel et protège les guerriers de la défaite et de la mort.

En symbiose avec l’environnement naturel, ces énormes pierres sculptées sont dressées au milieu de la steppe comme des témoignages du passé et des peuples qui ont traversé ce territoire il y a des milliers d’années.

 

 

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